Brève histoire de l’Aikido

L’Aikido est un art martial moderne dérivé des pratiques martiales anciennes du Japon : combat à mains nues et armes traditionnelles. Dans la première moitié du 20e siècle, le fondateur de l’Aikido, Morihei Ueshiba, a créé une discipline réservée d’abord à quelques-uns avant que son fils, Kisshomaru Ueshiba, ne la développe et la diffuse à l’échelle du monde entier. À partir des années 1950 en effet, plusieurs disciples du fondateur et de son fils vont s’installer à l’étranger et commencer à enseigner l’Aikido. Hawaï sera la première destination, dès le début des années 1950, puis le reste des États-Unis et l’Europe dans les années 60. Aujourd’hui, l’Aikido est présent dans près de 70 pays et représenté par près de 200 fédérations ou organisations.

L’Aikido arrive en France dès le début des années 1950 et fait ses premiers pas sous la direction Minoru Mochizuki, Tadashi Abe, Mitsuro Nakazono et Masamichi Noro. Les efforts d’André Nocquet, le premier français à séjourner au Japon pour y pratiquer l’art de Morihei Ueshiba, puis de Hiro Mochizuki et de Nobuyoshi Tamura sont récompensés par un rapide développement de l’Aikido qui, dès la fin des années 1960 compte plus de dix mille pratiquants. Christian Tissier, de retour d’un séjour de plusieurs années au Japon, commence à enseigner à Paris en 1976 et développe rapidement une nouvelle tendance qui représente aujourd’hui le mouvement d’Aikido le plus important en France.

Le fondateur de l’Aikido, Morihei Ueshiba, connu des aikidoka sous le nom de Ō-Sensei, est né le 14 décembre 1883 dans la ville de Tanabe dans la préfecture de Wakayama, l’un des sites historiques les plus prestigieux et les plus sacrés du Japon.

Ueshiba Morihei (Fondateur)

L’histoire de sa vie jusqu’au début de la Deuxième Guerre Mondiale est peu documentée et les interprétations varient d’un biographe à l’autre. Un avide lecteur dès son plus jeune âge, Morihei Ueshiba ne fait toutefois pas de longues études mais reçoit plutôt une formation professionnelle en comptabilité. Après une expérience malheureuse dans les affaires à Tokyo en 1901, il s’engage dans l’armée et participe à la guerre Russo-Japonaise. Libéré de ses obligations militaires en 1907 il retourne à Tanabe. En 1912, un an après la naissance de sa fille Matsuko, Morihei Ueshiba et sa famille s’installent en Hokkaido dans le village de Shirataki, dans le cadre du programme gouvernemental de colonisation de l’île. Dans sa jeunesse, Morihei Ueshiba avait étudié divers arts martiaux, notamment le Jūjutsu et les armes dans l’école de Shinkage-ryū mais c’est la rencontre avec Sokaku Takeda, chef du Daitō-ryū, en 1915, qui va influencer de manière radicale sa transformation en adepte des arts martiaux et le conduira à la création de l’Aikido.

Une autre influence majeure dans le développement de l’Aikido est sa rencontre avec Onisaburo Deguchi, le chef spirituel de la secte Shinto Ōmoto-kyō, en 1919, un an après la naissance de son premier fils, Takemori. Cette même année, Morihei Ueshiba s’installe à Ayabe, près de Kyoto, où se trouve le siège de la secte, et ouvre une école appelée tantôt « Ueshiba Juku », tantôt « Daitō-ryū Aikijutsu » selon les documents et les photos de l’époque, le terme « Aiki » semblant faire son apparition en 1922. Kisshomaru Ueshiba, le deuxième fils de Morihei Ueshiba né en 1921, doit son nom à Onisaburo Deguchi. Immensément populaire, la secte comptera près de deux millions de disciples à son apogée, Ōmoto-kyō professe un enseignement et un pacifisme peu au goût du gouvernement militaire du pays qui, en 1935, en emprisonnera les dirigeants accusés de crime de lèse-majesté et en détruira les bâtiments.

À cette époque, Morihei Ueshiba a déjà quitté Ayabe depuis plusieurs années pour Tokyo où il ouvre plusieurs dojos avant de s’installer définitivement dans le quartier de Wakamatsu-chō où, en 1931, est établi le Kobukan, un dojo également connu sous le nom de Jigoku dōjō (le dojo de l’enfer) fréquenté par le gratin des hommes politiques et des officiers supérieurs de la marine.
À la fin de l’année 1941, les États-Unis sont officiellement en guerre avec le Japon et en 1942, Morihei Ueshiba quitte Tokyo pour Iwama, un village dans la préfecture d’Ibaraki où il possède une modeste maison et quelques hectares de terre. Il y vivra jusqu’à sa mort, le 26 avril 1969, laissant à son fils, le deuxième Doshu Kisshomaru Ueshiba, le soin de rouvrir le dojo de Tokyo en 1948 et d’y développer l’Aikido moderne que les aikidoka du monde entier pratiquent aujourd’hui.

Ueshiba Kisshomaru (2e doshu) Ueshiba Moriteru (3e doshu)

 

Ouvrages de référence :

Pour une liste complète des ouvrages accrédités par la Fondation Aikikai :
http://www.aikikai.or.jp/eng/publication/index.html
et, en particulier :

  • Ueshiba, Kisshomaru; Ueshiba, Morihei (1996), « Introduction », Budo: Teachings of the Founder of Aikido, Tokyo, New York, London: Kodansha International.

 

Voir également les ouvrages de John Stevens :
et, en particulier :

  • Stevens, John (1984). Aikido : the Way of Harmony. Boston: Shambhala Publications.
  • Stevens, John; Krenner, Walther (2004). Training with the Master: Lessons with Morihei Ueshiba, Founder of Aikido. Boston & London: Shambhala.
  • Stevens, John (1999). Ueshiba l’invincible : Biographie illustrée de Morihei Ueshiba, fondateur de l’Aikido- Budo Editions / [Invincible Warrior: A Pictorial Biography of Morihei Ueshiba, the Founder of Aikido. Boston, London: Shambhala].

 

À propos de Deguchi Onisaburo et de Ōmotokyō

  • Nancy K. Stalker, « Prophet Motive: Deguchi Onisaburo, Oomoto and the Rise of New Religion in Imperial Japan, » University Of Hawaii, 2008.

 

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