La diffusion de l’Aikido en Europe et aux États-Unis

Créé durant la décennie de 1920 à 1930 sous le nom de Daito-ryu Aikijujutsu, d’Aikibudo ou d’Aikijujutsu, l’Aikido est d’abord resté limité au Japon (et à la Manchourie qui fait alors partie de l’empire) et pratiqué presque exclusivement par les membres de la secte Ōmotokyō à laquelle appartenait le fondateur de cet art martial, Morihei Ueshiba [généralement appelé O-Sensei ou kaiso (開祖 )]. Après la Deuxième Guerre Mondiale, alors que O-sensei a cessé d’enseigner et s’est retiré à Iwama, un village en pleine campagne de la préfecture d’Ibaraki, alors que tous les élèves et instructeurs d’avant-guerre ont cessé de s’entraîner ou d’enseigner, l’Aikido connaît une renaissance sous l’égide du fils même du fondateur, Kisshomaru Ueshiba, et à partir du milieu des années 1960, commence à se répandre dans le monde. Aujourd’hui, cet art martial est présent dans plus de cent pays et il est pratiqué par des centaines de milliers de personnes.

Comment cela a-t-il pu se produire et qui en fut l’instigateur ?

Les choses sont, en réalité, à la fois plus simples et plus complexes qu’elles ne paraissent. La diffusion de l’Aikido hors du Japon ne résulte pas d’une volonté délibérée ou d’une décision mûrement réfléchie, mais plutôt de l’initiative de quelques jeunes pratiquants japonais prêts à saisir une opportunité. Il est désormais établi que ni O-Sensei, ni le Hombu Dojo, ni Kisshomaru Doshu n’ont délégué quiconque pour spécifiquement enseigner l’Aikido en Europe ou ailleurs. Certes, tous les instructeurs qui choisirent de s’établir hors du Japon demandèrent et obtinrent la permission du Hombu Dojo concernant leur projet et, bien que non soutenu financièrement par la maison-mère de l’Aikido, tous reçurent son soutien moral. La plupart d’entre eux ont aujourd’hui disparu mais leurs efforts n’auront pas été en vain, comme en témoigne le très grand nombre de pratiquants d’Aikido en Europe et dans le reste du monde.

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Le développement de l’Aikido en dehors du Japon

L’Occident découvre l’existence de l’Aikido au début des années 1950 avec la venue au Hombu Dōjō des premiers étrangers, GI récemment démobilisés curieux de voir ce qu’il s’y passait ou membres d’équipes chargées de filmer des documentaires sur le Japon. C’est également au même moment (en 1953) que Koichi Tohei, alors dōjō-chō de l’Aikikai, se rend à Hawaï et commence à y donner les premiers cours d’Aikido. Une activité qu’il développera ensuite sur le continent américain. Dès le début des années 1960 l’Américain Terry Dobson séjourne au Hombu Dōjō et O-Sensei se rend à Hawaï le 27 février 1961.

O-Sensei avec Tohei Koichi et Tamura Nobuyoshi à Hawai, Février 1961
O-Sensei avec Tohei Koichi et Tamura Nobuyoshi à Hawai, Février 1961

En Europe, Moshizuki Minoru, un disciple de Kano Jigoro qui a étudié l’Aikido sous la férule de son fondateur Ueshiba Morihei dans les années 1930, fait un séjour en France de 1951 à 53 pour y enseigner le jūdō. À cette occasion, il effectue les premières démonstrations d’Aikido. Abe Tadashi, un autre disciple de Ueshiba Morihei et oncle de Yamada Yoshimitsu, arrive en France en 1952 pour étudier à la Sorbonne et commence à donner des cours d’Aikido. Puis vers le milieu des années 1950, André Nocquet, un de ses élèves, effectue un séjour de plusieurs mois au Japon et pratique à l’Aikikai avant de revenir en France, pour en quelque sorte succéder à son mentor et fonder son propre groupe. Durant la décade des années 1960, Jean-Gabriel Greslé, pilote pour Air France, et sa femme Jacqueline se rendent à plusieurs reprises au Japon et y résident même pendant quelque temps, période durant laquelle ils pratiquent l’Aikido au Hombu et rencontrent O-Sensei. De retour en France et parallèlement à leurs activités professionnelles, ils donnent des cours d’Aikido, une occupation qu’ils poursuivent encore aujourd’hui.

 

Jean-Gabriel et Jacqueline Greslé avec O-Sensei
Jean-Gabriel et Jacqueline Greslé avec O-Sensei

En Grande-Bretagne, c’est Abe Kenshiro qui, invité pour enseigner le jūdō dès 1955, créera le Bristish Aikido Council, une organisation à l’origine du développement de l’Aikido dans le Royaume Uni. Il sera suivi par Chiba Kazuo en 1966.
Durant les années 1960, l’enseignement de l’Aikido se développe dans toute l’Europe sous l’égide de Nakazono Mitsuro (arrivé en 1961 en France), Murashige Aritomo (dès 1960 en Belgique) et Tada Hiroshi (à partir de 1964 en Italie), suivis par des anciens deshi de Ueshiba Kisshomaru, notamment Noro Masamichi (à partir de 1962 en France), Tamura Nobuyoshi (après 1964 en France) et divers pratiquants du Hombu qui s’installent en Espagne, en Allemagne, en Suisse et dans les pays scandinaves.
Yamada Yoshimitsu lui, choisit les États-Unis où il prend le contrôle du New York Aikikai en 1964. Il est suivi par Kanai Mitsunari qui fonde le New England Aikikai en 1966 et par Tohei Akira à Chicago en 1972. La United States Aikido Federation qui regroupe tous ces différentes organisations voit le jour en 1976.

Dès 1972, l’administration du Hombu Dōjō a pris conscience du développement de l’enseignement de l’Aikido dans le monde mais il faudra attendre 1976 pour voir la création de la Fédération Internationale d’Aikido (FIA) et l’organisation de son premier congrès à Tokyo.


En Europe

Le premier instructeur japonais d’arts martiaux à se rendre en France et à faire la démonstration de techniques d’Aikido fut Minoru MOCHIZUKI (1907, Japon – 2003, France).
Instructeur de Judo, il était l’élève de Jigoro Kano, le fondateur du Judo. Il avait également pratiqué l’Aikido pendant une année au dojo Kobukan de Morihei Ueshiba. Minoru Mochizuki séjourna en France de 1951 à 1953 pour y enseigner le Judo. Il en profita pour démontrer un peu d’Aikido et, ce faisant, séduire quelques pratiquants de Judo et de Karate. Quelques années plus tard, son fils, Hiroo créera la branche française de l’école Yoseikan Aikido fondée par Minoru à Shizuoka, au Japon.
Tadashi ABE (1926 –1984, Japon) avait étudié sous la direction de O-Sensei avant la Deuxième Guerre Mondiale. Il séjourna à Paris de 1952 à 1959 pour étudier à la Sorbonne. Oncle de Yoshimizu Yamada, il était lié à la famille impériale. Il est considéré comme le premier Japonais à enseigner officiellement l’Aikido en Europe. Il devint l’ami d’André Nocquet (1914-1999) qu’il encouragea à se rendre au Japon et commandita son voyage.
Avant son retour au Japon, il aurait vendu à André Nocquet un permis d’enseigner l’Aikido, une transaction fortement contestée par l’Aikikai et objet d’une décision de justice.
Tadashi Abe a enseigné à un grand nombre d’aikidoka français qui, plus tard, ont accueilli Nobuyoshi Tamura et l’ont aidé à s’établir France.
(Pour une courte vidéo d’Abe Tadashi, voir “Aikido mit Kisshomaru Ueshiba und Tadashi Abe 1952 – YouTube”)
 Pendant le cours des dix années qu’il a passées en Grande-Bretagne, de 1955 à 1965, Kenshiro ABBE (1915 – 1985, Japon) a fondé le British Judo Council en collaboration avec Mitsusuke Harada (Shotokan Karate) et Tadashi Abe (Aikido).
À son retour au Japon, il a demandé au Hombu Dojo d’envoyer un instructeur d’Aikido en Grande-Bretagne pour enseigner dans le cadre du British Aikido Council. C’est Kazuo Chiba que le Hombu choisira (à ce sujet, voir la rubrique Chiba Sensei dans l’onglet « Mes Sensei »).

[Note : Le nom de famille Japonais阿部 s’écrit Abe en caractères romains, qu’il s’agisse d’Abe Tadashi (阿部 正) ou d’Abe Kenshiro (阿部 謙四郎). C’est peut-être pour tenter de les différencier que les Anglais ont choisi l’orthographe « Abbe » pour désigner Abe Kenshiro.]

Deux autres éminents instructeurs Japonais ont également aidé au développement de l’Aikido en France dans les années 1960 :

 Mutsuro NAKAZONO (1918, Japon – 1994, États-Unis) a vécu en France de 1961 à 1972 avant d’être expulsé suite à ses protestations publiques contre les essais nucléaires conduits par la France à l’époque.
Proche de Ō-Sensei, une autorité dans les domaines du kototama (言霊) ou la substance du verbe, de l’acupuncture et de la médecine chinoise, un expert en Judo et en Aikido, il était hautement respecté dans le monde des budō. Il voyagea dans le monde entier, de la Mongolie au Vietman, des Indes à la France, et de la Grande-Bretagne aux États-Unis, et il joua un rôle primordial dans le développement de l’Aikido en France comme en Grande-Bretagne.
 Aritomo MURASHIGE (1895, Japon – 1964, Belgique), ami proche de Ō-Sensei lui aussi, était un budōka émérite et un expert dans l’art du sabre. Il se rendit en Europe pour la première fois en 1962 pour y enseigner le Judo et occasionnellement l’Aikido. Il fut victime d’un accident de la route en 1964, en Belgique.
Il était le père de (Mark) Morihiko Murashige (1945 – 2013), un élève de Yamaguchi Seigo qui occupa le poste d’assistant de Chiba Sensei à l’Aikikai de San Diego, en Californie, et le grand-père de Teruaki Murashige qui fut également élève de Chiba Sensei.

Ces quelques instructeurs ont ouvert la voie à deux autres jeunes instructeurs issus du programme d’uchideshi de Kisshomaru Doshu qui s’installèrent en France et jouèrent un rôle essentiel dans le développement de l’Aikido en Europe.

 Masamichi NORO (1935, Japon – 2013, France) est arrivé en France en 1962 après six années passées au Hombu Dojo de Tokyo comme uchideshi. Il réussit rapidement à établir sa position d’instructeur d’Aikido dans toute l’Europe mais fut victime d’un très grave accident de la route en 1966.
Quelques années plus tard (officiellement en 1979), s’étant complètement rétabli mais souffrant toujours de graves séquelles de ses blessures, il devisa une version modifiée de l’Aikido qu’il nomma Kinomichi. Son fils a pris sa succession dans l’enseignement de cet art nouveau.
 Nobuyoshi TAMURA (1933, Japon – 2010, France) entre au Hombu Dojo en 1953 au titre d’uchideshi. En 1964, peu après son mariage, il vient s’établir en France. Il collabore avec Mutsuro Nakazono jusqu’au départ de ce dernier pour les États-Unis, puis avec Masamichi Noro ainsi qu’avec les autres instructeurs d’Aikido établis en France et en Europe comme Minoru Mochizuki.
À la tête d’une organisation importante mise en place au fil des années, il a été un acteur majeur du développement de l’Aikido hors du Japon.

Il faut également citer les autres instructeurs Japonais qui ont œuvré dans les différents pays d’Europe et qui ont contribué, à leur manière, au développement de l’Aikido.

 Hiroshi TADA (1929, Japon), membre du Hombu Dojo depuis 1950, a commencé à enseigner en Italie à partir de 1964 et il a fondé le Dojo Centrale à Rome en 1967. Quelques années plus tard, en 1971, lorsqu’il décide de retourner au Japon, Yoji Fujimoto, l’un de ses élèves, prend la direction de l’enseignement de l’Aikido en Italie.
Hiroshi Tada continue de diriger périodiquement des séminaires dans ce pays et il demeure l’une des personnalités les plus influentes au Centre Mondial de l’Aikido à Tokyo.
 Kazuo CHIBA (1940, Japon – 2015, États-Unis) est entré au Hombu Dojo en tant qu’uchideshi en 1958. À partir de 1966, il réside en Grande-Bretagne où il crée le British Aikikai avant de retourner au Japon en 1976. Il s’installe aux États-Unis en 1981 et fonde un groupe aux ramifications internationales appelé Birankai.
Pendant son séjour en Grande-Bretagne, il se rendit fréquemment en France à l’invitation de Tamura Sensei pour y enseigner.
 Seichi SUGANO (1939, Japon – 2010, États-Unis), ancien uchideshi au Hombu Dojo, a commencé à enseigner l’Aikido en 1967 en Australie avant de s’installer en Belgique en 1982 à la demande de Tamura Sensei.
À partir de 1988, on le retrouve à New York, aux États-Unis, où il officie à titre d’assistant de Yoshimitsu Yamada.
 Masatomi IKEDA (1940 – 2021, Japon) a été l’élève de Tada Sensei et il a d’abord passé quelques années en Italie avant de retourner au Japon et finalement, en 1977, s’installer en Suisse où il a commencé à enseigner l’Aikido.
Yasunari KITAURA (1937, Japon – 2023, Espagne) – Membre du Club d’Aikido de l’Université de Waseda pendant ses années universitaires, il réside en Espagne à partir de 1967 pour étudier à l’Université de Madrid.
Il est connu pour ses travaux d’étude et de recherche de l’œuvre du peintre El Greco.
 ASAI Katsuaki (1937, Japon) – Il commence la pratique de l’Aikido dès l’enfance et, en 1965, s’installe en Allemagne où il fonde l’Aikikai Deutschland qu’il dirige encore aujourd’hui.
 ICHIMURA Toshikazu (1941, Japon), membre du Hombu Dojo à partir de 1957, s’installe en Suède en 1966 et fonde un dojo à Stockholm. Il a également enseigné en Finlande et au Danemark. Après avoir mis fin à sa carrière d’instructeur, il est retourné au Japon en 1986.
 KOBAYASHI Yasuo (1936, Japan) découvre l’Aikido en 1954 et quelques années plus tard, ses études terminées, entre dans le programme d’uchideshi du Hombu Dojo. Après avoir ouvert son propre dojo en 1969, il créé une organisation (Aikido Kobayashi) qui a des ramifications dans le monde entier et contrôle aujourd’hui plus de 120 groupes.

Ce qui précède résume l’impact et l’influence des instructeurs Japonais dans le développement et la diffusion de l’Aikido en Europe. La majorité de ces enseignants ont agi de leur propre initiative sans être ni délégués, ni mandatés par le Hombu Dojo ou toute autre autorité. Ils se sont installés en Europe pour des raisons personnelles ou pour saisir une occasion qui leur semblait propice. Ils ont dû travailler très dur et rien ne fut facile pour aucun d’entre eux. Gagner sa vie dans le monde des arts martiaux hors du Japon était et demeure difficile. La plupart d’entre eux ont connu des difficultés dues à la langue, tout au moins pendant quelques années, et des difficultés d’adaptation culturelle et sociale (les Anglais notamment gardaient rancune envers les Japonais pour la manière dont ces derniers avaient traité leurs prisonniers durant la Guerre du Pacifique et la présence de Japonais sur le sol anglais ne fut pas la bienvenue pendant de longues années). Malgré tous ces problèmes, ils ont persévéré et leurs efforts ont été couronné de succès.

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ÉTATS-UNIS

Le texte suivant est principalement basé sur un article publié par Josh Gold dans ‘Aikido Journal’ en août 2011 :

 TŌHEI Kōichi (1920 – 2011, Japon) est considéré comme le premier à avoir introduit l’Aikido aux États-Unis lors de sa visite à Hawaï en février 1953 à l’invitation de la Hawaii Nishi Kai. À l’occasion divers séjours sur les îles de l’archipel, Tōhei, alors représentant du Hombu Dojo, va établir toute une série de dojos. Il effectuera également une brève visite en Californie en mai 1953 pour y présenter une démonstration d’Aikido durant une compétition de judo organisée par l’AAU (Union des Sportifs Amateurs) à San José. En juin de la même année, Tomiki Kenji (1900 – 1979, Japon) et un groupe d’instructeurs de judo se rendent aux États-Unis à l’invitation des Forces aériennes américaines. Une démonstration de diverses techniques d’Aikido est effectuée pendant cet événement et quelques temps plus tard, le Strategic Air Command (Commandement des forces aériennes stratégiques) décide d’envoyer chaque année au Japon un groupe de pratiquants d’arts martiaux pour étudier l’aikido, le karate-do, le judo, le kendo et le taiho-jutsu.
Kōichi Tōhei effectuera plusieurs autres longs séjours à Hawaï, en 1955, 1959 et 1961. Le voyage effectué en 1961 est spécial puisqu’il a lieu avec la présence de Morihei Ueshiba, dont ce sera le premier et seul voyage à Hawaï. Quelques-uns des élèves les plus émérites de Tōhei, notamment Isao Takahashi, Ben Sekishiro, Tokuji Hirata, Clem Yoshida et Roderick Kobayashi, pour n’en citer que certains, vont s’installer en Californie à la fin des années 1950 et au début des années 1960, alors que l’Aikikai commence à s’implanter sérieusement sur le continent.
 Le premier instructeur professionnel « délégué » par l’Aikikai fut YAMADA Yoshimitsu (1938, Japon – 2023, États-Unis) qui s’installa à New York en 1964. Cette même année, la première visite du Doshu Ueshiba Kisshomaru allait stimuler de l’intérêt pour l’Aikido et Yamada Sensei prit rapidement une place prépondérante dans l’organisation de l’Aikikai pour la région Est des États-Unis avec la création de la Fédération d’Aikido des États-Unis (USAF).

[Il est intéressant de noter que l’Aikikai n’a jamais officiellement « délégué » aucun de ses membres pour enseigner à l’étranger et dans une interview effectuée en décembre 2012 par Léo Tamaki, Yamada Sensei devait déclarer :

Tout le monde dit « J’ai été envoyé par O Senseï. », ceci, cela. Mais c’est faux. Bien entendu nous demandions la permission, car à cette époque nous avions fini par recevoir un salaire et nous étions donc aussi engagés envers l’Aïkikaï et il n’aurait pas été correct de juste dire « Au revoir ! ». Mais la vérité c’est que nous voulions tous simplement aller à l’étranger !]

 Yamada sera suivi, en 1965, par KANAI Mitsunari (1939, Manchourie – 2004, Canada) qui s’installa à Boston, dans l’état de Massachusetts.
Un autre instructeur de l’Aikikai, Maruyama Shuji, s’installa également aux États-Unis en 1966, à Philadelphie, dans l’état de Pennsylvanie. Plus tard, en mars 1972, Tōhei Akira prit la place de Takahashi Isao qui venait de mourir. Tōhei Akira commande depuis, la région du Midwest.
 C’est en 1975 que SAOTOME Mitsugi (1937, Japon), instructeur au Hombu Dojo, démissionne de sa position et part s’installer en Floride où il commence à enseigner de manière privée. Saotome, qui déménagera plus tard pour la région de Washington D.C., n’était pas en bon termes avec l’USAF et, par conséquent, créa sa propre organisation sous le nom de Aikido Schools of Ueshiba (Écoles d’Aikido Ueshiba). Plusieurs années plus tard, en 1988, cette organisation sera reconnue par l’Aikikai et autorisée à délivrer des grades Aikikai. Le groupe comprend une centaine de dojos.
 CHIBA Kazuo (1940, Japan – 2015, USA), qui avait préalablement enseigné en Grande-Bretagne, s’installa à San Diego, dans l’état de Californie en 1981, à l’invitation de l’USAF. Dans un premier temps responsable de la région de l’Ouest des États-Unis, Chiba Sensei créera ensuite son propre groupe (le Birankai) aux ramifications internationales.
 SUGANO Seiichi se joindra à Yamada à l’Aikikai de New York en 1987 pour l’assister dans l’enseignement. En 1989, c’est un autre Shihan de l’Aikikai, le 6e dan Ichiro Shibata (1950, Japon), qui démissionnera de son poste d’enseignant à l’Aikikai de Tokyo pour prendre la direction du dojo « Aikido of Berkeley », à Berkeley, dans la partie nord de la Californie. Pendant longtemps, Shibata a travaillé en étroite collaboration avec Chiba, co-dirigeant de nombreux stages avec lui.
 SHIBATA Ichiro (1950, Japon), a quitté son poste d’enseignant à l’Aikikai de tokyo au Hombu dojo pour devenir instructeur en chef de l’Aikido de Berkeley, en Californie du Nord. Shibata travaille en étroite collaboration avec Chiba, et tous deux animent souvent des séminaires ensemble.

Bien que le nombre des écoles d’Aikido varie largement d’une estimation à l’autre, celui-ci se trouve probablement entre 700 et 1000. Organisée à l’origine en 4 régions plus ou moins autonomes (région Est sous la direction de Yamada et de Kanai, région du Midwest sous celle de Tohei Akira, la région Ouest sous celle de Chiba Kazuo et de Shibata Ichiro, et la région de Hawaï sous la direction de Yoshioka Sadao), l’USAF a été restructurée en une seule organisation en 2005 et compte aujourd’hui plus de 200 dojos affiliés.

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